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Pour un oui ou pour un non — Bac Français
Préparation à l'entretien oral
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Pour un oui ou pour un non
Nathalie Sarraute (1982)
Parcours : Le langage en question / Théâtre et dispute
Baccalauréat de Français Classe de 1ère Entretien oral — 8 minutes
📋 L'épreuve en un coup d'œil
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Durée : 8 minutes
Présentation (2 min) + entretien avec l'examinateur (6 min)
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Noté sur 8 points
Expression orale, implication personnelle, capacité à dialoguer
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Ce que l'examinateur veut voir
Un vrai choix personnel justifié, une connaissance solide de la pièce, la capacité à établir des liens avec le parcours et le monde actuel
💡 Comment utiliser cette appli
✍️ L'Auteur — Biographie, Nouveau Roman, mouvement, spécificités de l'écriture sarrautienne
📖 L'Œuvre — Sujet, structure, personnages H1/H2, thèmes clés (tropismes, non-dit, langage), procédés d'écriture, citations
🔗 Le Parcours — Liens avec Art de Reza et Huis clos de Sartre : convergences et divergences
🎤 Questions — 9 questions types avec conseils et réponses modèles
💡 Arguments — 5 arguments personnels à adapter et s'approprier

⚡ Conseil clé : L'examinateur veut voir que vous avez été touché par cette pièce. Préparez une vraie réponse personnelle à : « Qu'est-ce que cette pièce vous a appris sur votre façon de communiquer ? » C'est la question qui fait la différence entre une note passable et une excellente note.

✍️ Nathalie Sarraute — L'Auteur
📌 Biographie essentielle
Naissance1900 à Ivanovo (Russie), d'une famille de la bourgeoisie juive
Décès1999 à Paris — elle couvre tout le XXe siècle
Vrai nomNatalia Ilinitchna Tcherniak
FormationOxford (Histoire), Berlin (sociologie), Paris (droit). Avocate au barreau en 1925.
InfluencesProust, Joyce, Virginia Woolf — et la philosophie de Bergson
GuerreJuive, radiée du barreau par Vichy — refuse l'étoile jaune, se réfugie dans le Val-d'Oise
💡 À retenir : Sarraute n'écrit pas pour le théâtre au départ. Elle écrit sa première pièce à 64 ans, sur commande d'une radio allemande. Elle doutait que le dialogue de théâtre soit compatible avec les tropismes qu'elle cherchait à montrer.
📚 Principales œuvres
1939
Tropismes — son premier livre, déjà centré sur les mouvements imperceptibles de la conscience
1948
Portrait d'un inconnu — préfacé par J.-P. Sartre
1953
Martereau — premier grand succès romanesque
1956
L'Ère du soupçon — essai théorique fondateur du Nouveau Roman
1964
Le Silence — première pièce de théâtre (radiophonique)
1982
Pour un oui ou pour un non — sixième et dernière pièce
1983
Enfance — autobiographie, rédigée à 83 ans
🎨 Mouvement & Genre
MouvementNouveau Roman / Nouveau Théâtre (années 50–80)
GenreThéâtre de chambre — huis clos sans action extérieure
InfluenceBergson (limites du langage), Proust (intériorité), Beckett/Ionesco (absurde)
📖 Le Nouveau Roman (années 50) remet en cause le roman balzacien : pas d'intrigue linéaire, pas de personnages à psychologie définie. Ce qui compte : les sensations, les perceptions, les mouvements imperceptibles de la conscience. Le Nouveau Théâtre fait de même : incommunicabilité, personnages sans nom, action réduite au néant.
⭐ Spécificités de l'écriture sarrautienne
  • Explorer les tropismes : mouvements psychiques imperceptibles, prélangagiers
  • Ce qui intéresse Sarraute dans le langage : ce qui n'est pas dit
  • Personnages sans nom propre (H1, H2) pour forcer l'universalité
  • Dialogue fragmenté, points de suspension, aposiopèses, épanorthoses
  • La parole est action : « dans ces pièces, la parole est action et les conflits se nouent autour de l'activité langagière »
  • « Les personnages se sont mis à dire ce que d'ordinaire on ne dit pas. »
📖 L'Œuvre — Pour un oui ou pour un non (1982)
🌍 Le sujet de la pièce

H2 rend visite à H1 parce qu'une distance inexpliquée s'est instaurée entre eux. Progressivement, on apprend que cette distance est due à une petite phrase prononcée par H1 avec un ton jugé condescendant par H2 :

« C'est bien… Ça. »

Cette phrase anodine va cristalliser toutes les tensions latentes, révéler les non-dits et les interprétations divergentes. Aucune réconciliation n'est possible. La pièce se termine sur un « Oui » de H1 et un « Non » de H2 — sans résolution.

💡 Le titre reprend une expression signifiant "pour un rien", une bagatelle. Sarraute montre que ce "rien" est en réalité l'essentiel — il révèle la fragilité de toute communication et de toute relation.
📝 Structure et action
Exposition

H2 vient voir H1 : « Je sens qu'il y a quelque chose. » H1 ne comprend pas. Réponses sibyllines. Tension croissante.

Développement

On découvre la cause : H1 avait dit « C'est bien… Ça. » avec une intonation condescendante. H2 interprète. H1 réfute. Le conflit s'intensifie. H2 appelle H3 et F comme « jurés ». Ils aggravent tout.

Fin ouverte

Un silence. « Oui ou non ?… » — H1 : « Oui. » — H2 : « Non ! » Pas de résolution. Le conflit reprend indéfiniment. La dispute semble ne pouvoir avoir de fin.

⚠️ Pas d'actes ni de scènes. Pas d'action au sens traditionnel : « dans toutes mes pièces, l'action est absente, remplacée par un flux et reflux du langage. » (Sarraute)

👥 Les personnages
H1 — La Convention

Bourgeois, marié, soucieux de bonheur et de stabilité. Incarne la norme sociale et la raison. Minimise l'incident. Peu sensible aux nuances. À la fin : « Oui. »

H2 — La Marge

Poète « raté », hypersensible, célibataire. Attentif aux moindres nuances — un « sourcier des mots ». Refuse le compromis. À la fin : « Non ! »

DimensionH1H2
Vision du langagePratique, sans sous-entendusChaque intonation compte
Rapport au conflitMinimise, cherche l'accordRessasse, amplifie
Vision de la vieConventionnelle, matérielleMarginale, intérieure
Position finale« Oui »« Non ! »
💡 H3 et F : voisins appelés comme « jurés ». Loin de résoudre le conflit, ils l'intensifient. Leur bon sens bourgeois donne raison à H1 et renvoie H2 à sa solitude. Sarraute les nomme « d'intègres. Solides. Pleins de bon sens. »
🔍 Grands thèmes — Cliquez pour développer
✒️ Procédés d'écriture clés
Les points de suspension (…)
Matérialisent les silences, les hésitations, les non-dits. Révèlent l'indicible en action. Ce sont les tropismes dans le texte.
« H.2 : Eh bien… tu m'as dit il y a quelques temps… tu m'as dit… quand je me suis vanté… de je ne sais plus quoi… »
L'aposiopèse
Phrase interrompue brutalement — non par oubli, mais parce qu'on ne peut pas (ou ne veut pas) s'exprimer. Révèle les résistances intérieures.
« H. 1 : Écoute, je voulais te demander… C'est un peu pour ça que je suis venu… je voudrais savoir… »
L'épanorthose
Les personnages se corrigent sans cesse, cherchant le mot juste pour cerner une sensation insaisissable. Montre l'inadéquation du langage à la vérité.
« H. 2 : C'était… comment dire ?… une approbation… mais pas comme les autres… Une approbation… comment dire ?… condescendante. »
La sous-conversation
Ce qui se joue sous les mots — les tensions, les interprétations, les émotions non dites. C'est le vrai sujet de la pièce. Les mots dits ne sont que la surface.
« C'est biiien… ça… » — Une approbation avec un étirement sur « bien » et un suspens avant « ça ».
📣 Citations clés à maîtriser
🔗 Le Parcours — Le langage en question
🎯 L'enjeu du parcours

Vous devez montrer que vous avez mis les textes en dialogue. L'examinateur cherche des convergences et des divergences. La divergence principale (Sarraute intérieure vs Reza comique-satirique) révèle deux façons différentes de traiter la même question : la parole détruit-elle ou révèle-t-elle ?

📖 Pour un oui ou pour un non en 4 points essentiels

Qui ? Nathalie Sarraute, 1982. Huis clos entre deux amis (H1 et H2). Sixième et dernière pièce.

La thèse : Le langage ne communique pas vraiment. Ce qui compte, c'est ce qui n'est pas dit — les tropismes, les intonations, les silences.

Le déclencheur : Une simple phrase — « C'est bien… Ça. » — prononcée avec une intonation condescendante, détruit une amitié.

La fin : Sans résolution. Oui / Non. La dispute est peut-être infinie.

⚖️ Textes du parcours — Convergences & Divergences — Cliquez
🏆 5 problématiques d'entretien probables
🎤 Questions d'entretien

💡 Méthode : Pour chaque question, préparez : (1) une réponse directe, (2) un exemple précis de la pièce, (3) un lien avec le parcours ou la vie quotidienne.

💡 Mes Arguments Personnels

Ces arguments sont des points de départ à vous approprier. Choisissez 2-3 arguments, adaptez-les à votre ressenti, mémorisez-les.

🎤 Ma présentation de 2 minutes
20s
Nommer l'œuvre et l'auteur
« J'ai choisi Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute, pièce publiée en 1982… »
30s
Présenter brièvement l'auteur
Née en Russie en 1900, figure majeure du Nouveau Roman, théoricienne des tropismes, L'Ère du soupçon (1956).
30s
Résumer la pièce et sa thèse
3 mots clés : intonation, non-dit, tropisme. Un seul déclencheur : « C'est bien… Ça. »
40s
Exposer les raisons de votre choix
Choisissez 1-2 arguments personnels. Ce qui vous a frappé, ce que ça vous a appris sur vous-même.
📚 Références culturelles à mobiliser
Yasmina Reza, Art (1994) : texte du parcours — même conflit entre amis pour un motif « dérisoire »
Jean-Paul Sartre, Huis clos (1944) : « L'enfer c'est les autres » — le regard de l'autre qui enferme
Henri Bergson, La Pensée et le mouvant (1934) : les mots sont des étiquettes qui trahissent la singularité du réel
Samuel Beckett, En attendant Godot (1952) : le dialogue vide, le langage comme substitut à l'action
Eugène Ionesco, La Cantatrice chauve (1950) : l'absurde du langage convenu, la communication impossible